Comment, sans espoir, survivre à ce monde

C'est bien simple

Je marche

Je ne regarde pas mes pas

Je marche

 

J'en entends qui disent :

Mais arrêtez-la !

Elle ne sait pas où elle va.

 

Aucune importance

Je marche

 

Je les vois tout autour de moi

Et je les entends chuchoter

Parfois un cri ; et si je glisse

Pas une main pour me rattraper

 

Peu importe

Je marche

 

Alors je songe, je rêve en marchant :

Peut-être est-ce ça tout simplement...

L'espoir, c'est être le nez au vent

Heureux de marcher librement

 

Alors

Je marche

 

Je marche pour moi

Vers le soleil

Dans la nuit

Sous les étoiles

Je marche pour ceux qui ne le peuvent

Je marche pour ceux qui sont chez eux

Je marche pour ceux qui sont ailleurs

Je marche pour les rejoindre

 

Je marche

Je cours

Je saute

Je roule

Je bondis d'île en île

De branche en branche

De ville en ville

Je laisse ma trace dans la poussière

Dans la terre grasse qui me précède

Je marche tout droit jusqu'à la mer

Où tout commence et tout finit

Là où derrière il y a peut-être...

Peut-être une terre et des amis

 

Et j'y plonge mes pieds rouges et nus

L'écume blanche les recouvre

Je fais signe aux bateaux qui passent

Je marche dans l'eau jusqu'aux genoux

 

Je marche au large ; je cours ; je saute

Je jette mes rêves dans l'eau salée

Pour que les vagues les emportent

Dans le sillage des navires

Qui voguent, voguent, voguent

Comme je marche, marche, marche.

13 fev 2004 (tous droits réservés)

 



Article ajouté le 2008-04-08 , consulté 27 fois

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